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fiert? pass?e....


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Le rayonnement du monde musulman jusqu'au XIVe si?cle fut aussi celui des savants. De l'alg?bre ? l'astronomie, en passant par la m?decine ou la m?canique, ils apport?rent une contribution d?cisive ? l'avanc?e des connaissances. Une exposition ? l'Institut du monde arabe retrace cet ?ge d'or sans ?gal, mais h?las! sans suite


Difficile d'imaginer Bagdad au IXe si?cle, capitale d'un empire qui allait de l'Asie centrale aux contreforts pyr?n?ens. L? o?, aujourd'hui, les Am?ricains ont ?rig? des bunkers, o? les attentats sont quotidiens, s'?levait la Maison de la sagesse, une institution rassemblant des dizaines de chercheurs, de m?decins, de philosophes, de traducteurs, de copistes. Naissait ainsi une tradition scientifique f?conde en terre d'islam jusqu'au XIVe si?cle. Des g?n?rations de savants, originaires de tous les pays contr?l?s, feront fructifier ces savoirs et accumuleront une somme de connaissances dans toutes les disciplines. Une remarquable exposition (1), organis?e ? l'Institut du monde arabe (IMA), met en valeur ce riche patrimoine culturel, souvent oubli? ou m?pris?.


L'?mergence des sciences arabes correspond ? une p?riode de grande prosp?rit? du monde islamique. Son ?conomie repose alors sur le commerce. Non plus les modestes ?changes caravaniers des d?buts de l'islam. Mais un v?ritable n?goce international. Interm?diaires oblig?s entre l'Occident, la Chine et l'Inde, les marchands en tirent des revenus consid?rables. Tout comme les califes, les souverains de l'?poque. Despotes ?clair?s, ceux-ci jouent les m?c?nes et soutiennent les savants. Leurs raisons? ?Le d?sir de rivaliser avec l'Empire byzantin, le souci d'accro?tre le prestige du califat et des go?ts personnels pour la science se conjuguent pour impulser une dynamique?, r?pond Danielle Jacquart, historienne, auteur de L'Epop?e de la science arabe (D?couvertes/Gallimard). Les travaux des chercheurs b?n?ficient ?galement de l'appui financier des waqf, ces fondations qui recueillent les biens l?gu?s, ? leur mort, par des gens fortun?s.



Dans l'apparition de ce mouvement intellectuel, l'islam n'a pas ?t? un frein. Bien au contraire. ?L'encre du savant est plus sacr?e que le sang des martyrs?, aurait dit le Proph?te. Plusieurs versets du Coran exaltent la qu?te du savoir. Au d?part, les savants furent sollicit?s par les autorit?s religieuses pour r?pondre ? quelques questions pratiques: comment s'orienter vers La Mecque, fixer le moment des cinq pri?res, d?terminer le d?but du ramadan ? partir du jour de visibilit? du croissant de lune. ?Ces probl?mes ont ?t? r?solus d?s le milieu du IXe si?cle, note Ahmed Djebbar, commissaire de l'exposition de l'IMA.


La science a continu? ? se d?velopper, ensuite. Les th?ologiens n'ont jamais pu emp?cher le d?bat sur les hypoth?ses nouvelles, notamment en astronomie.? Les fonds fournis par les m?c?nes vont d'abord servir ? traduire en arabe de nombreux textes scientifiques provenant de civilisations ant?rieures ? l'islam. Les principaux ouvrages ?taient grecs, sign?s Aristote, Ptol?m?e, Euclide ou Galien. Furent ?galement arabis?s des trait?s d'astronomie r?dig?s en persan ou des livres de m?decine ?crits en syriaque. Ces publications vont conna?tre un succ?s exceptionnel gr?ce ? deux ph?nom?nes. En premier lieu, l'introduction du papier. Bien avant l'Occident, les musulmans adoptent ce mat?riau mis au point par les Chinois. ?Cela constitua une v?ritable r?volution dans une soci?t? o? les seuls supports connus jusqu'alors ?taient le papyrus et le parchemin, explique Ahmed Djebbar. Le papier pouvait ?tre fabriqu? avec des produits peu on?reux comme le chanvre, les vieux chiffons ou les cordages usag?s. Gr?ce ? cette r?duction des co?ts, le savoir allait conna?tre une relative d?mocratisation et surtout une plus grande fluidit? dans sa circulation au sein du vaste empire.? Les copies de livres deviennent plus accessibles et les biblioth?ques se multiplient.


Mais les savants arabes ne se sont pas simplement appropri? l'h?ritage scientifique antique. ?Ils ont beaucoup ajout? ? ce qu'ils ont re?u?, insiste Michel Serres, philosophe, de l'Acad?mie fran?aise. Dans bien des disciplines, leur contribution ? l'avanc?e des connaissances est fondamentale. Certes, ils n'ont pas invent? les chiffres. Contrairement ? une id?e r?pandue. Mais ils ont cr?? de nouvelles branches des math?matiques. L'alg?bre, c'est eux. La trigonom?trie aussi. On leur doit la tangente et la cotangente. Tout comme l'analyse combinatoire.

Qui a vraiment invent? les chiffres



Les chiffres sont non pas arabes, mais indiens. Cette v?rit?, Denis Guedj nous la rappelle dans son ouvrage Z?ro (Robert Laffont). Mais cette r?alit? historique agace. Au point qu'? chacune de ses interventions publiques le romancier est interpell? sur ce sujet. Ses interlocuteurs, d'origine maghr?bine, lui reprochent de leur ?voler? un h?ritage dont ils sont fiers. Et pourtant les faits sont l?. Le syst?me d?cimal, fond? sur les chiffres 0 ? 9, est bien n? en Inde. Il a ?t? introduit ? Bagdad, au d?but du IXe si?cle, par le math?maticien Al-Khwarezmi. Ce savant ouzbek en a fait la promotion dans un ouvrage de vulgarisation intitul? Le Livre du calcul indien.

Pour Ahmed Djebbar, le m?rite des Arabes est d'avoir ?internationalis? ce mode de num?ration positionnel, o? le z?ro a un r?le essentiel. Le mot ?chiffre? vient d'ailleurs de sifr, qui signifie ?vide? en arabe, terme utilis? au d?part pour d?signer le z?ro. Le syst?me d?cimal a ?t? transmis ? l'Occident par l'interm?diaire de l'Andalousie musulmane. Le graphisme des chiffres que nous connaissons n'est pas celui qu'ils avaient ? l'origine. Leur forme s'est progressivement modifi?e, ?pur?e. Et aujourd'hui, dans les pays arabes d'Orient, les chiffres (ceux qui, par exemple, figurent sur les ?tiquettes des magasins) sont incompr?hensibles de nous, car ils restent graphiquement proches de leurs ascendants indiens.

L'astronomie fut leur domaine d'excellence. Pass?s ma?tres dans l'usage de l'astrolabe, instrument qui servait ? s'orienter, ? d?terminer le temps et ? mesurer des hauteurs, ils construisirent aussi plusieurs observatoires. Celui de Samarkand, dont on peut encore voir les vestiges dans l'est de l'Ouzb?kistan, ne mesurait pas moins de 48 m?tres de diam?tre! Beaucoup d'?toiles doivent leur nom aux astronomes arabes. Telles Ald?baran, B?telgeuse, Rigel ou V?ga. Sur le plan th?orique, les travaux du Persan Nasir al-Din al-Tusi, premier directeur de l'observatoire de Maragha (actuel Azerba?djan), ont mis ? mal la conception qu'Aristote avait du monde et pr?par? la r?volution copernicienne.

Des h?pitaux aux pratiques tr?s modernes

En m?decine, le Canon, ?uvre majeure d'Ibn Sina - dont le nom fut occidentalis? en Avicenne - fera autorit? en Europe jusqu'? la fin du XVIIe si?cle. C'est dans le monde musulman qu'a ?t? d?montr?e la circulation pulmonaire. Autre premi?re: la description de l'anatomie et de la physiologie de l'?il. Des centaines d'ouvrages ont ?t? consacr?s aux m?dicaments. Au XIIIe si?cle, l'Andalou Ibn al-Ba?tar recense 1 400 traitements, dont 400 ?taient inconnus des Grecs. Les m?decins arabes ont ?galement innov? dans la conception des h?pitaux, les bimaristan. Certains d'entre eux ?taient sp?cialis?s dans les maladies mentales, ?tablissements aux pratiques tr?s modernes, comme la musicoth?rapie.


Les progr?s r?alis?s dans l'optique repr?sentent l'un des apports essentiels de la science arabe ? la physique. Les travaux d'Ibn al-Haytham (Xe-XIe s.) ont ainsi permis de comprendre la r?flexion et la r?fraction de la lumi?re, la constitution d'un arc-en-ciel et d'un halo.


La m?canique, appel?e science des proc?d?s ing?nieux, s'est d?ploy?e dans plusieurs directions. Compte tenu de la situation g?ographique de maints territoires de l'Empire musulman, le probl?me de l'eau a toujours ?t? une pr?occupation prioritaire. D'o? une technologie des syst?mes hydrauliques particuli?rement avanc?e. Autre application pointue: les protections anti-sismiques. On peut encore visiter ? Alep (Syrie) des b?timents - notamment le minaret de la mosqu?e des Omeyyades, haut de 45 m?tres - dot?s de structures leur ayant permis de r?sister au tremblement de terre de 1822, qui d?truisit 60% de la ville.


Pourquoi cette communaut? scientifique si f?conde a-t-elle commenc? ? d?cliner au XIVe si?cle, pour s'?teindre presque compl?tement au XVe? Le processus a ?t? lent et les causes de cette d?composition sont multiples. Celle-ci est d'abord imputable au r?tr?cissement g?ographique de l'empire, cons?quence des offensives chr?tiennes - dans la p?ninsule Ib?rique, notamment. Elle est ?galement due ? l'effondrement du califat, sous le coup de boutoir des invasions mongoles. ?Il n'y a plus d'?lan politique et les id?es circulent plus difficilement, explique Danielle Jacquart. On assiste aussi ? une d?saffection envers l'arabe comme langue de culture.? L'effritement du monopole des marchands musulmans sur le commerce m?diterran?en va entra?ner la fin de cette ?re de prosp?rit?. Les moyens manquent pour soutenir la recherche. A cela s'ajoutent les entraves mises par un pouvoir religieux de plus en plus conservateur, au fur et ? mesure de l'aggravation du d?clin ?conomique. Depuis cinq si?cles, la science arabe n'a jamais connu de renaissance. Vivra-t-elle un jour un nouvel ?ge d'or?


(1) L'Age d'or des sciences arabes, jusqu'au 19 mars 2006, ? l'Institut du monde arabe, Paris (Ve). Pr?s de 200 objets, dont de nombreux manuscrits illustr?s, sont expos?s.

Post-scriptum
Ahmed Djebbar, commissaire de l'exposition de l'Institut du monde arabe, est math?maticien et historien des sciences. Il est l'auteur d'Une histoire de la science arabe (Seuil), de L'Alg?bre arabe. Gen?se d'un art (Vuibert) et de L'Age d'or des sciences arabes (le Pommier/Cit? des sciences).
 

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  Comments on this journal

Login to find out (November 22, 2005 at 5:37am)
waouw, quel beau cour d'histoire...

est ce un temps revolu???
Allahou a3lam...

Les arabes restent trops usr leur r?ussite pass?e, etc...mais que peut on en dire aujourdhui? d ou est venu un tel changement .